Les
prénoms
Lors de la formation
des noms de famille, entre le XIIème et le XVème siècle,
on eut recours aux noms individuels. On retrouve aujourd'hui parmi
les noms de famille des prénoms encore portés de nos
jours (Alexandre, du grec « celui qui repousse l'ennemi » ;
Renaud, du germanique « celui dont l'intelligence gouverne » ;
Richard, du germanique « le chef hardi » ;
etc.) et d'autres noms de baptême désormais plus rares
(« Garnier, du germanique « le guerrier défenseur » ;
Béranger, du germanique « l'ours armé d'une
lance » ; Landry, du germanique « le chef du
pays » ; etc.).
Origines
germanique et « chrétienne » des prénoms
:
On
distingue en effet les prénoms d'origine germanique et ceux
d'origine dite « chrétienne ». Les prénoms
germanique remonte à la période faisant suite aux invasions
du Vème siècle : les noms des nouveaux maîtres
de l'Europe occidentale connaissent un immense succès. Toutefois,
l'habitude de choisir des prénoms inspirés par la Bible
et les recueils hagiographiques s'établit peu à peu.
Ces noms « chrétiens » sont d'origines
hébraïque, grecque et latine.
Noms
composés à partir de prénoms :
Une
autre catégorie rassemble les noms composés de deux noms
de baptême accolés, ou bien d'un prénom suivi d'une épithète.
On retrouve ainsi des noms de famille comme Jeanpierre, ou encore Petitjean
que l'on peut également classer avec les surnoms.
Les
hypocoristiques :
Il
s'agit de diminutifs dérivés des noms de baptême.
Ils sont le principale champs de création du Moyen-Âge
dans le domaine des noms individuels, notamment à partir
du XIIIème siècle. Cette période
correspond à la généralisation de l'usage du
français dans les actes écrits.
Ces
diminutifs s'obtiennent au moyen de suffixes variés. L'héritage
germanique a laissé des dérivations basées sur
les consonnes k, l, n et s, ainsi que sur -eko,
-uko, -kin, -quin, -cart, -quart,
-kel -esson, -eson, -essin et
-enus. D'autre part,
le latin a donné les suffixes -et, -ot,
-in, -on et -ellus ;
on retrouve également -in, -on et -el.
Enfin, l'ancien français utilise les terminaisons -ard,
-art, ault, -aut ou -ier pour remplacer
le germanique -hard. Au fil
du temps, de nouveaux éléments sont apparus à partir
des précédents : -elet, -elot, -elin,
-elain, -elart, -elon, -eron,
-ignon, -ilot, -illot, -illart, -inet,
-onet, -sonet, -etin, -otel et -otin ;
ou bien, un second suffixe a pu se superposer au premier. Les hypocoristiques
féminins reprennent ces suffixes en les adaptant, selon les
cas, par le rajout d'un e et le doublement de la consonne finale
(exemple : -et, -ette ; -ot, -ote ; etc.),
ou en utilisant une variante spécifique (-ain, -ée,
etc.).
Les
noms de saints :
Certains
prénoms tirent leur origine directement parmi les noms des saints
des calendriers. Cette pratique remonte au concile de Trente (XVIème siècle),
quand l'Église recommanda aux fidèles d'adopter des noms
illustrés par les saints.
Par
la suite, ces prénoms ont fournis certains noms de famille,
parfois en étant précédé du mot « saint ».
Cette méthode a l'avantage de procurer un large choix de nouveau
patronymes, par exemple lorsqu'il est urgent d'en créer un grand
nombre. Elle fut notamment utilisée pour donner un état-civil
aux enfants abandonnés, ou aux nouveaux citoyens lors de l'abolition
de l'esclavage en 1848.
Les
prénoms renversés :
Enfin,
il peut arriver que l'orthographe des noms de baptême soit renversé pour
servir de patronyme : Lerigab (Gabriel), Luap (Paul), etc.